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09/04/2009

Impressions d'artiste et énigmes scripturaires

L‘atmosphère étrange, saturée de vibrations dégagées par cette débauche de sculptures, provient de l’intérieur même des rochers sculptés sur place. Pier Francesco Orsini a su capter les sources telluriques des pierres habitées par l’esprit des Etrusques depuis des millénaires.
Il a insufflé aux «Maîtres des Pierres» anonymes qui ont façonné ces œuvres la magie de ce lieu où l’on peut ressentir le déplacement furtif d’antiques divinités.
Les fondements de la nature de l’Homme tel qu’il est depuis son apparition et tel qu’il sera à sa disparition sont présents dans les combats terrifiants et les hurlements figés, dans la sensualité qu’exhalent certaines statues, ou dans les colosses hiératiques aux regards perdus dans la contemplation de l’absolu, nous rappelant sans cesse que les véritables maîtres de nos destins sont la mort, le sexe et le temps.

Le Jardin des Monstres de Bomarzo défie le temps, ou plus exactement s’intègre dans le temps comme un relais de connaissance universelle dont la quête va de l’Antiquité étrusque jusqu’à nos jours, en passant par la Renaissance et par Bomarzo, nous proposant ainsi un fantastique parcours initiatique aux multiples portes qui, faute de clés, restent closes.

On cherche quelque réconfort dans la lecture des inscriptions gravées, parsemées dans le jardin, nous invitant ou nous conseillant, mais elles ne font qu’embrouiller davantage nos sens et l’on se retrouve emportés par le souffle puissant des Grandes Bouches, nous renvoyant immanquablement à notre univers intime et à nos propres monstres qui le hantent.

Dominique Zoladz

 

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Enigmes scripturaires

" Il y a aussi les inscriptions, qui sont nom breuses à Bomarzo, entre le château et la vallée, sur les statues, les rochers, les vieux murs.
Vous penseriez, n’est-ce pas, y trouver réponse à ce qui vous intrigue. Là encore, on va déchanter vite. "
 

André Pieyre de Mandiargues

 

CHI CON CIGLIA IN ARCATE ET LABBRA
STRETTE NON VA PER QUESTO LOCO
MANCO AMMIRA LE FAMOSE
DEL MONDO MOLI SETTE

" Qui ne va pas par ce lieu les yeux grands ouverts
et les lèvres closes ne pourra admireer les fameuses
sept merveilles du monde "

 

TU CH’ENTRI QUA CON MENTE
PARTE A PARTE
ET DIMMI POI SE TANTE
MARAVIGLIE
SIEN FATTE PER INCANNO
0 PUR PER ARTE

" Toi qui entres ici avec l’intention de tout saisir,
dis-moi ensuite si tant de merveilles
sont œuvres d’art ou d’illusion "

 

NOTTE ET GIORNO N0I SIAMO VIGILI
ET PRONTE A GUARDAR D’OGNI
INGIURIA QUESTA FONTE

" Nuit et jour nous sommes vigilantes
et prêtes à garder de toute injure cette source "

 

VOI CHE PEL MONDO GITE ERANDO VAGHI
DI VEDER MARAVIGLIE ALTE ET STUPENDE
VENITE QUA DOVE SON FACCIE HORRENDE
ELEFANTI LEONI ORSI ORCHI ET DRAGHI

" Vous qui allez par le monde désireux
de voir hautes et stupéfiantes merveilles
venez ici où sont faces horribles
éléphants lions ours orques et dragons "

 

SOL PER SFOGAR IL CORE

" Seulement pour que le cœur s’épanche "

 

CEDAN ET MEMPHI E OGNI ALTRA
MARAVIGLIA CH’EBBE GIA IL MONDO
IN PREGIO AL SACRO BOSCO CHE SOL SE
STESSO ET NULL ALTRO SOMIGLIA

" Memphis et toutes les merveilles
qu’il y eut au monde le cèdent
devant le bois sacré qui à lui seul
et nul autre ressemble "

 

SE RODI ALTIER GIA FU DEL SUO COLOSSO
PUR DI QUEST IL MIO BOSCO ANCHO
SI GLORIA E PER PIU NON POTER
FO QUANTO I0 POSSO

" Si Rhodes fut jadis fière de son colosse
de celui-ci aussi mon bois se glorifie
et pour ne pouvoir plus je fais ce que je peux "

 

OGNI PENSIER VOLA

" Toute pensée s’envole "

 

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La troublante poésie de Bomarzo

 
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«Vous qui allez par le monde désireux de voir hautes et stupéfiantes merveilles venez ici où sont faces horribles éléphants lions ours orques et dragons».

La série de photos consacrée au jardin de Bomarzo, de Dominique Zoladz, témoigne d'une double rencontre.
La première, formelle et magique, entre l’Antiquité étrusque et la Renaissance, à travers ces divinités, chimères et dragons, sculptés au XVIe siècle. La seconde, esthétique, par le choc émotionnel émanant d’un lieu magique sur la sensibilité et l'imagination d'un artiste plasticien. Car le parcours statuaire du bosco sacro, orchestré par le seigneur Orsini, est un stupéfiant lexique mythologique et symbolique. Une merveille, dans le sens premier du mot : une
miribilia, une chose étonnante et admirable, parfaitement captée dans cette série d'images.

 

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La démarche artistique de Dominique Zoladz est particulièrement sensible, révélatrice de sens.
En vérité, le créateur ne cherche pas à nous re-présenter la réalité, la perception naturelle du lieu et des objets, «l’impression», mais plutôt le phénomène mental secondaire, son «souvenir». Ainsi, nous errons dans le labyrinthe des réminiscences de l’artiste. En nous, d’obscures forces agissent et stimulent nos émotions.
Au fil de nos visions, notre esprit effectue un travail secret et suggestif.
Avec une économie de moyens maîtrisée, Dominique Zoladz illustre à la lettre les propos de Kandinsky :
«En général, la couleur est un moyen d’influencer l’âme de manière directe.» 

 

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Les conventions, notre culture, nous ont conditionné à regarder l'objet photographique comme une représentation de la réalité : image réelle, évidente, univoque, fait irrécusable.
Or, face à ces «pictographies», nous sommes mystifiés ! Notre œil est trompé. «Combien d’hommes profondément distraits pénétrèrent dans des trompe-l’œil et ne sont pas revenus.» (Jean Cocteau)
En choisissant une technique de colorisation éminemment subjective, le créateur a opté pour une idéalisation, une théâtralité. Il joue de l’équivoque du noir et blanc de la photo et des encres colorées pour créer chez l’observateur une sensation curieuse, un hiatus de la perception, des aller-retours “réalité-illusion”, débouchant sur un phénomène de “relief” et de “profondeur”.
À l’objectivité de l’appareil photo, le plasticien a juxtaposé par la colorisation son affectivité et son doute.
Nous sommes, me semble-t-il, en présence d’une approche esthétique baroque, hautement ambiguë, du latin ambigere, “être en discussion avec soi-même”. 

Jean-Pierre Dubois

 

Voir l'album Bomarzo.

Voir la galerie Bomarzo, il Bosco Sacro.

 

07/04/2009

Mosaïques N&B

Les compositions "mosaïques" offrent une première vision graphique et géométrique, parfois à la limite de l'abstraction, puis une seconde lecture figurative où le sujet est toujours identifiable, qu’elles soient rigoureuses dans le noir et blanc contrasté ou plus baroques quand le noir et blanc est rehaussé manuellement aux encres de couleurs.

Un fond intemporel dans une forme contemporaine.

Comme la multitude d'écrans qui s'immiscent dans notre quotidien et qui nous renvoient les images kaléïdoscopiques, répétitives et hypnotiques d'un monde d'illusion dans lequel chacun doit se frayer un chemin pour trouver sa poésie.

 

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Amphithéatre

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Citerne

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Les Oiseaux

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Noir & Bancs

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Persiennes

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Poissons

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Poissons

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Poissons

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Poissons

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Poissons - Format 0,60 m x 0,60 m

 

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Réverbère
 
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Rideaux

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Rideaux

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Stade

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Stade

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Tivoli

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Voir l'Album

 

Photographies originales noir et blanc.