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19/06/2017

Résurgences - 2016

Même sans rapport étymologique, dans le mot résurgence il y a « urgence ». C’est dans cet état d’esprit que l’idée de ce travail a germé. D’inscrire des images issues du passé, des anecdotes photographiées de mon passé, des bulles de souvenirs qui remontent et éclatent à la surface du magma sans fond, gris et incertain de la mémoire. 

En atteignant les rivages de la soixantaine, peuplés d’ombres et de lassitude, conscient sans angoisses d’être beaucoup plus proche de la sortie que de l’entrée, je n’ai toujours pas trouvé le sens de la vie. Ni celui de l’espèce humaine dans sa globalité ni celui de la mienne en particulier.

Ce n’est pas faute d’avoir cherché, de questionnement existentiel en expériences introspectives. C’est sans doute pour cela que je n’ai cessé, tout au long de ma vie, depuis l’enfance et l’insouciance du paradis perdu des jeux d’autrefois jusqu’aux désillusions du présent, de « faire l’artiste », de me promener autour de mon nombril en rêvant tout en essayant de ne pas tomber, étourdi par l’attrait du vide.

« Les artistes veulent laisser des traces! ils s’en foutent, c’est pas eux qui nettoient après! » Coluche

« Créer » (comme procréer pour d’autres) est une tentative inconsciente, dérisoire, vaine et présomptueuse de vouloir échapper à la double mort. La première, seulement physique, et la deuxième mort, la plus insidieuse et la plus définitive: l’oubli. Quand vous n’existez plus dans la mémoire de personne.

Conclusion : aujourd'hui n'est déjà plus que le souvenir d'hier, et demain sera peut-être le rêve d’aujourd'hui.

Dominique Zoladz

 

Technique mixte : photographie noir & blanc originale, papier de soie, encre de couleurs et peinture acrylique

 

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Sans titre - Format 1.00 m x 1.40 m (collection particulière).

 

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Sans titre - Format 1.40 m x 1.00 m (collection particulière).

 

L’image et le signe.
Daniel Airam,Nice, Août 2016

L’adhésion de Dominique Zoladz à la photographie ne s’est pas faite en un jour. Revendiquée tantôt comme un art du souvenir, tantôt comme un enjeu esthétique, le processus photographique est pourtant devenu omniprésent dans son travail. Chez lui, comme chez d’autres créateurs, l’esthétique de la modernité engendrée par la photographie n’en finit pas de redéfinir contenus et règles. Il est vrai qu’à une époque ou la prédominance de l’image que tant d’inventions, du cinématographe à internet, viennent conforter, utiliser un repère de la narration, modélisé par une photographie, revient à considérer celle‐ci comme contenu de réalité en même temps que système de signe.

Nous le savons, les relations entre photographie et peinture ont toujours exercé une dangereuse séduction. Lorsque ces deux arts voisinent dans un même espace, un rapport d’influences s’installe, une quête d’indépendance se fait jour. Se jouant de cette dualité, Dominique subordonne l’art de peindre à celui de voir. Ainsi, libéré du cadre contraignant de la rhétorique, photographie et peinture s’entrelacent dans un processus participatif poussant l’homologie entre le visuel et le pictural jusqu’à son terme.

Si le cadrage d’une image photographique invite à l’inventaire du réel, l’exploration d’un espace pictural partage l’ambition de créer un univers propre à lui‐même. Au cœur d’une nouvelle série nommée « résurgence », telle une mimesis de la représentation, telle aussi une urgence factuelle, l’image photographique rejoint donc le domaine de la peinture. Il serait pourtant absurde de limiter notre regard à leur seule relation sans infléchir les fins et les moyens de l’artiste. Choisie dans un vaste corpus d’anciens voyages, chaque image ouvre la voie à une réflexion plastique que le geste pictural vient magnifier. Celui‐ci, inséparable d’une pulsion corporelle qu’elle met en jeu, unifie par des lignes de construction, des traces d’esquisse, une inquiétante beauté. Absorbée, l’image photographique, tirée en noir et blanc et parfois colorée à la main, semble renvoyée à une même fonction essentielle.

Au‐delà des repères ordinaires, au‐delà de l’antique rivalité entre image et peinture, l’une et l’autre conservent le trait qui les différencie pour permettre au peintre de réaliser l’essentiel, c’est à dire une expérience picturale.

 

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Sans titre

 

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Sans titre - Format 1.00 m x 1.00 m 

 

Dans mon atelier

 

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